LE STYLO BIC

Publié le 3/09/2012

Sous son apparence anodine, le stylo à bille est en réalité un objet très technique. Au départ, un journaliste hongrois, Laszlo Biro, remarque autour de 1880 que l’encre à séchage rapide utilisée pour les journaux permet d’éviter les taches par frottement. Il essaie alors cette encre dans un stylo plume, mais celle-ci adhère trop pour s’écouler. Inspiré par des enfants jouant aux billes sur un sol mouillé, Biro a l’idée de mettre une bille à l’intérieur du stylo pour qu’elle entraîne l’encre dans son mouvement de rotation. Les premiers stylos-bille coulent et collent, mais le brevet est déposé en 1938. L’idée est de parvenir à une encre suffisamment fluide pour envelopper la bille et déposer l’encre de façon régulière. Laszlo et son frère György parviennent à une solution viable en 1943. Ils déposent un nouveau brevet et créent la société Biro. Leur stylo à bille Birome est commercialisé et la Royal Air Force britannique l’adopte pour ses pilotes au vu des performances en altitude.
Quelques années plus tard, le baron Marcel Bich, qui fabrique des pièces détachées de stylo plume, comprend le potentiel de cette nouvelle pointe-bille et ambitionne d’en faire un accessoire jetable. Il négocie le rachat du brevet et réunit une équipe de techniciens et designers. La fabrication, qui débute en décembre 1950, est entièrement automatisée : un mode de production novateur par rapport aux standards de l’époque !
La forme de ce nouveau stylo à bille reprend simplement celle du crayon à papier. De section hexagonale, son corps permet de bien positionner ses doigts. Transparent, ce tube expose la consommation d’encre quand capuchon et bouchon indiquent la couleur. il se termine par un cône alvéolé qui maintient une bille dont le diamètre n’excède pas 1 mm. Dès la première année, le baron Bich produit 10 000 Bic Cristal. Aujourd’hui, il s’en fabrique des millions, le cap des cents milliards ayant été franchi en 2004. Il coûte si peu cher que l’on ne veille même pas à le rendre après l’avoir emprunté. Il n’est le signe d’aucune appartenance sociale mais porte au contraire les valeurs de la démocratisation. Le Bic jetable laisse loin derrière lui le précieux stylo à plume, cet accessoire du paraître.
Lorsqu’en 1965, il est enfin autorisé à l’école, il révolutionne l’écriture, mettant fin au rythme des pleins et déliés. Si le Bic Cristal a été une icône de l’ère de la consommation, il revendique aujourd’hui sa place parmi les produits du développement durable : chacun de ces stylos-bille a de quoi parcourir deux kilomètres d’écriture !

via IDEAT // par Constance Rubini

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